Mises en situation examen civique 2026 : méthode et exemples
Introduction : pourquoi les mises en situation sont décisives
Depuis le 1er janvier 2026, l'examen civique est obligatoire pour toute première demande de carte de séjour pluriannuelle (CSP) ou de carte de résident (CR). Il comporte 40 questions, réparties en 28 questions de connaissance et 12 questions de mise en situation.
Ces 12 questions représentent 30 % de la note finale. Le seuil de réussite est fixé à 32 bonnes réponses sur 40 (80 %). Autrement dit, une mauvaise maîtrise des mises en situation peut suffire à faire échouer l'examen.
Or, contrairement aux questions de connaissance dont la liste officielle est publiée par le Ministère de l'Intérieur, les questions de mise en situation ne sont pas rendues publiques. Il est donc essentiel de comprendre leur logique pour les aborder sereinement.
Regardez la vidéo : série de QCM mise en situation
Cette vidéo propose une série de QCM de mise en situation tirés de l'examen civique, couvrant les cas concrets auxquels vous pourriez être confronté pour la carte de séjour, la carte de résident et la naturalisation.
Qu'est-ce qu'une question de mise en situation ?
Une question de mise en situation décrit un cas concret de la vie quotidienne et vous demande d'identifier le comportement attendu, la règle à respecter ou la valeur républicaine concernée.
Elle suit toujours la même structure :
- Un scénario court (une à deux phrases) qui pose une situation réaliste.
- Quatre options de réponse : une attitude civique correcte, deux attitudes incorrectes (ignorer, contourner) et une attitude qui aggrave la situation (riposter, se rendre justice).
- Une seule bonne réponse qui combine respect de la loi, sécurité d'autrui et appel aux institutions compétentes (école, mairie, police, administration).
L'objectif n'est pas de piéger le candidat, mais d'évaluer sa compréhension des droits et devoirs, des libertés encadrées par la loi et du respect des institutions.
La méthode de raisonnement en 3 étapes
Pour aborder sereinement une mise en situation, adoptez la grille de lecture suivante :
1. Identifiez la valeur ou le principe en jeu
La situation fait-elle référence à la laïcité, à l'égalité, à la fraternité, à la liberté d'expression, au secret du vote, à la neutralité du service public ? C'est souvent la clé de la réponse.
2. Repérez l'institution compétente
Face à un problème, quel est l'acteur légitime pour intervenir ? Le maire, le préfet, le Défenseur des droits, le tribunal, le chef d'établissement ? La bonne réponse implique presque toujours de s'adresser à l'autorité compétente plutôt que de se faire justice soi-même.
3. Écartez les réponses extrêmes
Les options qui proposent de riposter, de contourner la loi, d'ignorer le problème ou de se substituer à la justice sont systématiquement fausses. La bonne réponse est celle qui allie respect de la loi et recours à l'institution appropriée.
À retenir : La bonne réponse est toujours celle qui montre un citoyen responsable qui connaît ses droits, respecte ses devoirs et sollicite l'institution compétente sans se substituer à elle.
Exemples corrigés de mises en situation
Voici plusieurs cas concrets pour illustrer le raisonnement attendu.
Exemple 1 : Laïcité et service public
Scénario : Vous vous rendez à la mairie pour refaire votre passeport. L'agent au guichet porte un signe religieux visible. Est-ce conforme au principe de laïcité ?
- A. Oui, si cela ne gêne pas le fonctionnement du service.
- B. Oui, la liberté religieuse s'applique aussi aux fonctionnaires sur leur lieu de travail.
- C. Cela dépend de la discrétion du signe.
- D. Non, les agents du service public sont soumis à une stricte obligation de neutralité.
Explication : La laïcité impose une neutralité absolue aux agents du service public (État, hôpitaux, mairies). Ils ne doivent manifester aucune opinion religieuse, politique ou philosophique dans l'exercice de leurs fonctions.
Exemple 2 : Discrimination à l'embauche
Scénario : Un employeur vous demande votre confession religieuse lors d'un entretien d'embauche. Quelle est la qualification juridique de cette question ?
- A. Une discrimination potentielle interdite par le Code du travail.
- B. Une curiosité légitime pour l'organisation des congés.
- C. Une question autorisée si l'entreprise a une éthique religieuse.
- D. Une formalité administrative obligatoire.
Explication : Les opinions religieuses relèvent de la vie privée. Poser cette question lors d'un recrutement est illégal et peut constituer une preuve de discrimination à l'embauche.
Exemple 3 : Secret du vote
Scénario : Dans l'isoloir, un membre de votre famille insiste pour vérifier votre bulletin de vote avant que vous ne le glissiez dans l'enveloppe. Que dicte le code électoral ?
- A. Le vote est secret, personne n'a le droit de contrôler votre choix.
- B. Le vote est un acte public, vous pouvez le montrer.
- C. Le chef de famille a un droit de regard sur le vote des membres du foyer.
- D. Vous devez le montrer uniquement au président du bureau de vote.
Explication : Le secret du vote est une garantie fondamentale de la liberté de conscience de l'électeur. Le passage par l'isoloir est obligatoire pour garantir cette confidentialité et éviter toute pression.
Exemple 4 : Refus de location discriminatoire
Scénario : Un propriétaire refuse de vous louer un logement en déclarant ouvertement qu'il ne loue pas aux « personnes de votre origine ». Quelle action pénale est possible ?
- A. Aucune, le droit de propriété est absolu.
- B. Saisir le tribunal de commerce pour concurrence déloyale.
- C. Demander une médiation obligatoire en mairie.
- D. Porter plainte pour discrimination, délit passible de prison et d'amende.
Explication : Le refus de vente ou de service (y compris la location) fondé sur l'origine est une discrimination, délit puni par le Code pénal (jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende).
Exemple 5 : Propos haineux en ligne
Scénario : Un citoyen publie sur internet des propos incitant à la haine ou à la discrimination, contraires à la fraternité républicaine. Que risque-t-il ?
- A. Des poursuites pour incitation à la haine ou discrimination.
- B. Aucune, car il exerce sa liberté totale d'expression.
- C. Une suspension de son droit de vote.
- D. Une simple suppression du message par l'hébergeur.
Explication : La liberté d'expression a des limites. Les propos incitant à la haine ou à la discrimination sont interdits par la loi et peuvent entraîner des poursuites pénales.
Points clés à retenir
- L'examen civique comporte 12 questions de mise en situation sur 40, soit 30 % de la note.
- Les mises en situation ne sont pas publiées officiellement par le Ministère de l'Intérieur.
- La bonne réponse implique toujours le respect de la loi et le recours à l'institution compétente.
- Écartez systématiquement les options qui proposent de riposter, d'ignorer ou de contourner la loi.
- Identifiez la valeur républicaine en jeu (laïcité, égalité, fraternité, etc.) pour guider votre choix.
- Le seuil de réussite est de 32 bonnes réponses sur 40.
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